Autrefois appelé « Village des tanneries », le village de Saint-Henri est né en 1685.
Saint-Henri, le quartier populaire le plus légendaire de Montréal, fait partie de l’imaginaire de tout québécois. Gabrielle Roy, entre autres, l’a d’ailleurs immortalisé dans Bonheur d’occasion.
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Déjà en 1685, on trouvait dans le secteur une tannerie qui servait de relais aux coureurs de bois sur la route des fourrures vers Lachine. Cent ans plus tard, vers 1780, existait le village des Tanneries-des-Rolland. Plus tard viendra Saint-Henri-des-Tanneries, village fameux pour son travail artisanal du cuir, mais qui ne comptait, en 1825, que 466 habitants.
À partir de 1825, l’industrialisation amenée par le canal de Lachine et par les chemins de fer allait changer à jamais le visage du petit village d’artisans et de cultivateurs. En 1875, le village devint Ville Saint-Henri et vit en 20 ans sa population quadrupler. Au tournant du siècle, elle atteignait 24 000 habitants. Toutefois, lors de son annexion à Montréal en 1905, Saint-Henri affichait encore un air de gros village avec ses trottoirs en bois, ses rues non pavées et éclairées au gaz où circulaient des tramways tirés par des chevaux.
La période mythique de l’industrialisation n’avait cependant pas que des côtés positifs : pas de chômage, certes, mais de longues heures de travail, de bas salaires et une détérioration progressive des logements et de l’environnement urbain affecté par le bruit, la fumée des trains et des usines et les égouts à ciel ouvert. Très tôt, la communauté se donna elle-même des moyens pour faire face à ses problèmes. Saint-Henri fut la première municipalité à mettre sur pied une société de secours mutuel (1875). Le mouvement ouvrier y aiguisa ses armes avec ses « Chevaliers du travail » (1882) et 30 grèves déclenchées entre 1871 et 1903. La grève de la Dominion Textile de 1943 à 1945 fit émerger la figure quasi légendaire de Madeleine Parent.
Pendant 100 ans, tout le Sud-Ouest fut le plus important centre industriel du Canada. Il y eut bien la crise de 1929, que le quartier traversa peut-être mieux que d’autres communautés, en tirant des revenus des chemins de fer et des grands travaux publics, comme la construction du marché Atwater (1933). Le déclin industriel de tout le Sud-Ouest a, en fait, commencé après la seconde guerre mondiale pour s’accélérer avec les années 60. Entre 1967 et 1988, le nombre d’emplois y est passé de 23 450 à 7 147.
À l’exode massif de la population, s’est ajouté un accroissement de la pauvreté dans le quartier. Des groupes militants d’animation sociale, comme les Copains de Saint-Henri, s’élevèrent contre les seules campagnes de charité et parlaient bien haut de justice sociale. Un des membres des Copains, était le père jésuite, Jacques Couture, futur député et ministre. Le début des années 60 vit aussi émerger des groupes populaires, comme l’Association des parents de Saint-Henri, qui réclamera, surtout auprès des autorités municipales, la solution au problème des taudis, au manque de loisirs et de parcs pour les jeunes, etc. Après une lutte populaire mémorable, le CLSC-Saint-Henri fut créé en 1974.
Aujourd’hui, la pauvreté persistante, dont celles des familles monoparentales, des personnes vivant seules et des jeunes sans emploi, de même que la diversification ethnique constituent des défis de taille.
Société historique de St-Henri
À St-Henri le 5 septembre (Hubert Aquin, 1962)
À St-Henri, le 26 août (Site du projet)
À St-Henri, le 26 août (page Facebook)