Cinq quartiers ensemble pour le droit au logement!

9 mai 2016
 Des représentantEs de l’ensemble des acteurs en développement social de cinq quartiers de Montréal se sont réuniEs le dimanche 8 mai pour revendiquer la pleine reconnaissance du droit au logement. Plus de 150 résidentEs de Saint-Henri, Pointe-Saint-Charles, La Petite Bourgogne, Ville-Émard-Côte-Saint-Paul et Verdun se sont rassembléEs au métro Lionel-Groulx pour participer à une action locale organisée par trois comités logements membres de FRAPRU dans le cadre d’une semaine d’occupation de terrains et de bâtiments partout au Québec.
 
« Nous sommes ensemble pour soutenir nos Comités logement qui lancent aujourd’hui un cri d’alarme à nos élus municipaux, provinciaux et fédéraux : il faut reconnaître dès maintenant le droit au logement pour tous et toutes et accroître l’investissement public dans la construction des nouveaux logements sociaux! » a affirmé Shannon Franssen, coordonnatrice de la table de quartier Solidarité Saint-Henri.
 
Les cinq quartiers, situés dans le sud-ouest de Montréal et à proximité du Centre-ville, font face à une gentrification rapide qui contribue à l’augmentation des loyers, la spéculation foncière et d’autres impacts négatifs. Plus de cinquante organismes communautaires et institutions publiques se mobilisent depuis plusieurs mois pour agir sur une problématique grandissante de précarité de logement, menant parfois jusqu’à l’itinérance, chez les personnes à faible revenu vivant dans ces quartiers. 
 
«Il est urgent que les trois paliers de gouvernements adoptent une vraie stratégie d’acquisition et de préservation de terrains et de bâtiments pour du logement social. Les besoins sont immenses, mais il devient quasi impossible de développer dans nos quartiers. Le gouvernement doit soustraire des terrains de la spéculation foncière. Sinon, la construction de nouvelles unités de logements sociaux passe exclusivement par la stratégie d’inclusion de la ville de Montréal, ce qui place le logement social à la remorque des projets privés » a expliqué Karine Triolet, coordonnatrice de la table de quartier Action Gardien.
 
« Ce n’est pas qu’une question de logement », a ajouté Vicente Perez, coordonnateur de la Coalition de la Petite-Bougogne, « Avec le développement de Griffintown, les petits commerces abordables sont remplacés par les magasins de luxe.  La ville de Montréal doit mettre en réserve des terrains, comme celui de l’ancienne Negro Community Centre, pour nous permettre de développer des services de proximité accessibles pour tous . » 
 
Les mêmes problématiques se vivent à Verdun, où plus de 30% des menages locataires ont des difficultés à se loger. « Étant donné les besoins grandissants en logements sociaux à Verdun, les terrains municipaux disponibles devraient être exclusivement réservés à des fins communautaires et sociales », a martelé Julien Caffin de la Concertation en développement social de Verdun.
 
« Comme il y a très peu de terrains municipaux disponibles dans notre quartier, nous exigeons que l’arrondissement Le Sud-ouest entame des discussions avec des propriétaires pour acquérir des immeubles pour du logement social » a expliqué Assia Kada de la Concertation Ville-Émard-Côte-Saint-Paul.
 
Les manifestantEs revendiquent non seulement le droit au logement, mais avant tout le droit à rester dans leur quartier. « Ma famille habite à Saint-Henri depuis trois générations.  Mes enfants sont grands et ils veulent rester proches de leurs racines, mais les prix des logements ont tellement augmenté! Ils sont obligés de partir vivre sur la rive sud.  Ils sont dépossédés de leur héritage! » a témoigné Alice Robertson, coordonnatrice de la Centre communautaire des femmes actives et membre de Solidarité Saint-Henri.
 
Suite au rassemblement, plus de cent personnes ont occupé un terrain de Parcs Canada  à côté de l'ancienne usine de la Canada Malting pour soutenir les revendications du FRAPRU pour de nouveaux investissements publics permettant la construction de logements sociaux.

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